Éditorial
septembre 7th, 2007
Totalement hors-sujet, voici mon éditorial pour la parution de septembre de l’Organe. Mon mag. Le thème du mois est : Monde Virtuel. Si tout va bien, vous pourrez le lire dans deux semaines sur www.lorgane.org (si tout va bien parce qu’on bosse comme des fous pour que le site soit prêt!)
Le nouveau monde
Un navigateur pour rêver debout en restant assis
Note : Un peu de généralité n’a jamais fait de mal à personne, et parce que ce sujet est trop vaste pour être abordé correctement en 500 mots, les comportements majoritaires présentés ci-dessous sont généralisé at large.
On les rencontre au détour d’un site internet, ils veulent changer le monde en supportant des causes environnementales, humanitaires, humanistes, sociales ou artistiques. Ils sont de tous les âges et de toutes les nationalités. Ils s’impliquent sur Facebook, s’exprime sur un blog politique ou envoient des chaînes de lettres à leurs amis pour les sensibiliser à certaines problématiques. En fait, Ils utilisent l’API “causes” sur Facebook, ils se caressent la conscience sur un blog politique ou ils envoient des chaînes de lettres pour sensibiliser leur carnet d’adresse. Certains, les no-life, s’achètent une île sur Second Life, vivent de la vente d’artefacts sur World of Warcraft… L’internet est donc devenu un monde à part, régit par ses propres règles et possédant, il semblerait, la solution à beaucoup de nos problèmes.
Certainement, l’internet est un monde à part, exaltant par certains aspects. Beaucoup de personnes, et je l’ai comprend, se sont appropriés des espaces d’expression qui n’existaient pas avant ce réseau et qui, sans doute, n’aurait pas pu exister sans lui. N’oublions pas, cependant, que ces espaces n’existent toujours pas. C’est une illusion. Un domaine internet n’est pas un espace public, c’est un espace privé généralement ouvert et bien souvent gratuit, mais il n’en reste pas moins privé et surtout… Virtuel. Si je coupe le courant, l’espace est inaccessible et inexistant.
L’internet est néant. C’est un monde sur un monde, un plastic wrap sur une boite à lunch nauséabonde, ça bloque l’odeur, mais ça accélère la pourriture. L’espace public, lui, est un espace sans fumée et qui pue ou qui sent la javel (remarquez que la javel : ça pue aussi) et ou les gens se regardent peu et ne s’adresse plus beaucoup la parole.
Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous sont plus sympathiques avec l’inconnu sur un forum qu’avec leur voisin de palier. Ils raconteront leur vie plus facilement sur un blog que dans une salle d’attente…
Nous assistons à une migration. La migration d’une génération vers un autre monde, un nouveau monde. (D’ailleurs, ne trouvez-vous pas que les comportements économiques et sociaux vis-à-vis d’internet ressemblent beaucoup aux anciens comportements migratoires vers l’Amérique?) L’Homme sur internet est une créature de rêve, éthérée, volant à la vitesse de la lumière de parc d’attractions en salon chaleureux, de lieux de rendez-vous intimes en tribunes libres ou galeries fantasques. L’Homme est beau, bon et juste et il suffira de regarder son profil ou d’échanger quelques “lol” sur un chat pour s’en convaincre. L’internet est un miroir magique, un puissant psychotrope dont beaucoup d’entre nous dépendent déjà. Un remède par la fuite. Une thérapie miracle planétaire.
Ça se mouche dans des blogs, ça se caresse avec MSN et ça prend son pied devant un clavier.
Ça se fuit là où ça croit se rassembler, se rencontrer et s’apprécier. Bienvenue au Pays imaginaire réel, le monde virtuel, le Never land d’une société qui ne veut plus grandir.



